L’esprit est vide. L’envie n’est plus. Le corps est fatigué. Je n’ai même plus la force d’écrire ici tant mes connexions synaptiques se rouillent à force de turbiner sans arrêt depuis 5 mois. La machine se grippe. Tout doit s’arrêter.
La pause s’impose pour lessiver cette lassitude.
L’appel de la mélatonine est lancé.
Les bagages seront bientôt prêts. 9 heures de vol pour retrouver l’estival, celui qui colore pour oublier la pâleur, celui qui réchauffe le cœur de l’hiver qui s’éternise, celui qui détend sur fond sonore humide lorsque les vagues viennent à s’écraser sur le tapis blanc de sable fin, celui qui ressource, celui qui revigore l’esprit et le corps malmené depuis la dernière fois.
Partir pour s’abandonner quelques jours au paradis.
Petit court métrage d’une quinzaine de minutes que vous connaissez peut-être (Les sous-titrages sont disons…imparfaits et certains inexacts mais bon…)…je viens de le découvrir et j’en suis encore ému aux larmes…
Le grand jour venait d’arriver. Un peu plus de 500 candidats pour 72 places. Du stress dans le ventre jusqu’au bord des lèvres à en être paralysé. Des mois de préparation sanctionnés par des épreuves multiples et variées dont l’anatomie entre autre…Mon cerveau avait accumulé sept bouquins de 165 pages chacun, remplis de schéma et de descriptifs que j’avais ingurgité par la méthode de l’apprentissage du « par cœur » comme lorsque nous apprenons un poème pour le réciter au mot près devant toute sa classe. J’étais capable de les recracher au tac au tac (1 chance au grattage, 1 chance au tirage). Lorsque les portes de l’amphithéâtre se sont ouvertes, j’étais vide. Une page blanche. Je ne savais plus rien. La panique totale s’installa. J’essayai de me réciter la vascularisation du membre supérieur. Rien. Blackout total. Seule la petite aile du sphénoïde avait les faveurs de ma réminiscence neuronale. Je m’installai donc à ma place attitrée avec non numéro de matricule d’anonymat. Mon stylo plume fétiche (à chacun ses grigri et ses TOC), que j’avais reçu le jour de l’obtention de mon brevet, était porté à mes lèvres pour être embrassé trois fois accompagnés d’incantations mentales ( ouais vous pouvez rigoler…) comme si de simples prières païennes pouvait influencer le cours du monde…Les sujets étaient distribués. Des QCM certes mais aussi une vingtaine de questions ouvertes. Je me liquéfiai sur place tant les percussions de mon cœur me donnaient la nausée. Au top départ « vous pouvez retourner vos sujets », je pris une profonde inspiration pour survoler l’ensemble du sujet et appréhender l’étendue du désastre…et là…un déclic…La page blanche initiale venait tout à coup de se remplir de nouveau de schéma et de lignes rassurantes…parce que la cinquième question ouverte que je découvrais avec circonspection était celle dont je me souvenais le plus clairement avant de pénétrer dans la salle : la petite aile du sphénoïde…et cette petite partie d’un des os du crâne s’avérait être un véritable remède à mon Alzheimer de stress. 2 heures après, une cartouche d’encre plus tard, quelques feuilles de brouillon griffonnées après, je rendais ma copie et quittais la pièce satisfait du travail accompli.
Je me souviens particulièrement de cet épisode car je m’étais lancé un défi, celui d’être le meilleur dans cette discipline. Et ce fut chose faite.
D’autres épreuves se sont bien sûr succédées la même année et les autres qui ont suivi. Toujours le même stress, toujours cette peur viscérale de la page blanche, toujours cette remise en jeu de son avenir professionnel. A force d’accumuler des examens et des concours, j’ai fini par en être dégouté. Assez de cette gymnastique mnésique, marre d’avoir cette boule au ventre qui tord les boyaux. Je prépare de temps en temps des diplômes universitaires sanctionnés également par un examen écrit et/ou oral mais je les aborde de manière plus détendue. Je ne sais plus apprendre par cœur, j’ai sans doute flingué la méthode. Mais j’apprends toujours et encore chaque jour, différemment, appuyé sans doute par mes connaissances acquises et mon expérience professionnelle.
Si c’était à refaire, et bien oui maso je suis, je le referai parce que je ne me vois pas faire autre chose.
J’ai eu des good news de notre carré. Son premier jour s’est bien passé et semble très prometteur. En ce début d’après-midi, il planche encore sur la physique et la biophysique. J’attendrai ce soir pour avoir de ses nouvelles.
…et voilà 2010 sonnante et trébuchante, faisant place à 2009…une année neuve ? Pas si sûr. Chacun s’exercera de nouveau à dénicher de l’originalité dans ses vœux en n’omettant point un soupçon de bonheur, de santé, d’amour et de réussite. Chacun oubliera un temps ses rancœurs, son amertume et son hypocrisie en la souhaitant bien bonne à son ennemi. Chacun s’efforcera de croire que l’année à venir sera bien meilleure que la précédente parce que oui cette fois ci les résolutions, toujours bonnes s’entend, seront tenus dès le premier jour de ce nouveau voyage de 365 jours. Je mangerai mes cinq fruits et légumes par jour, je mangerai moins sucré et moins gras pour me garantir une meilleure santé…c’était sans compter sur l’epiphanie, s’annonçant triomphalement trois jours après le nouvel an avec ses promesses royales d’amandes et de pâtes feuillétées. Allez nous allons dire que 2010 commence réellement aujourd’hui Lundi 4 janvier.
Le plus simple serait de ne point sombrer dans ce jeu fallacieux des résolutions que nous nous forçons à établir dès les premiers jours de janvier venus, garants de notre ligne de conduite pour l’année à venir…mais vite oubliées dès que l’euphorie des meilleurs vœux est passée de mode….et là au moins cette fois ci cette résolution de ne point en faire serait tenue !…
Je reste un être faible, incapable de faire la moindre liste de bonnes actions à réaliser…
- Arrêter d’être d’humeur chafouine…au boulot…sauf que non ça tu vois c’est pas possible…moi il faut que je râle car sinon ben je ne suis plus moi…rebelle attitude de celui qui pointe là où ça fait mal.
- Faire du sport…euh oui ben j’en fais un peu quand même…bon j’ai arrêté d’aller à la salle il y a un mois et demi parce que…voyons manque de motivation, fatigue, manque de temps…j’y suis retourné hier et je vais essayer de garder le rythme mais bon je me connais…
- Ëtre plus patient avec mon chéri d’amour lorsqu’il y a des problèmes techniques…et éviter de m’énerver parce que la solution est pourtant évidente.
- Faire une analyse sanguine…style triglycérides, cholestérol total et LDL…parce que génétiquement j’ai encore hérité du bon phénotype…!!
- Arrêter de croire que l’Homme est mauvais par nature et lui donner au moins une chance de me prouver le contraire.
- …tu peux en rajouter si tu veux…
Pour 2010…je resterai tout simplement moi-même…
Je vous souhaite….tadam…..roulement de tambour….et ode à l’originalité….une excellente année 2010 à tous !!
Pour 2010, porte ouverte sur une nouvelle décennie, j’ai une pensée particulière pour Kindgay, ce jeune homme qui me propulse des années en arrière…Ne soyez pas jaloux, je pense aussi à vous tous…mais à lui plus particulièrement car cette année doit être la sienne avant tout, celle qui inaugurera une longue route vers sa vocation…et je reste persuadé qu’il atteindra brillamment son but !
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