Info: 22 juillet 2009 Posted by: Poussin 4 comments

stopLundi. Fin d’après-midi. Retour de plage où je me suis doré la pilule bercé par le ressac des vagues sur le sable de la côte sauvage. Je reprends ma voiture. Je décapote. Madonna m’accompagne sur le dancefloor. Et là je lis un écriteau « Bordeaux » à la sortie du parking. Au bout de cette pancarte, une femme d’une quarantaine d’année. Pourquoi ai-je décidé de m’arrêter, moi qui ne prends jamais personne en stop ? Petit sursaut d’humanité sans doute, envie de faire un petit geste empathique ?…Allez je devais pouvoir  partager mon bolide avec elle.

La discussion s’installe, je baisse le son afin que Madonna susurre en bruit de fond ses confessions. Ma passagère est prolixe et me raconte sa vie, sa philosophie quotidienne très Carpe Diem. Au chômage depuis 5 ans, détruite moralement par un harcèlement intensif de son ancien patron, ayant coupé les ponts avec sa famille peu aidante, mon auto-stoppeuse profite des joies simples que la vie lui réserve sans se plaindre en profitant du jour présent, en s’appuyant sur un système D pour source financière. Elle est heureuse comme ça et arrive à se faire plaisir en allant à la plage, sa drogue douce en trouvant toujours quelqu’un pour la prendre en stop. Jamais de complainte sur le système. Aucune critique négative. Aucune envie de retravailler également, sûrement bohème. Son studio est entièrement remboursé. Pas de crainte de devenir SDF. Des petits billets au black et le tour est joué. J’admire ces personnes qui arrivent à déballer quelques clichés instantanés de leur vie quotidienne, loin des banalités sur la météo ou le pouvoir d’achat, à des oreilles inconnues mais attentives. Le fossé paraissait immense entre nous…socialement parlant mais l’espace d’une ballade les cheveux au vent nous étions deux parfaits inconnus engagés dans une conversation très philosophique. La route fut rapide. Je l’ai déposé non loin de chez elle. Chacun a repris le cours de sa vie tandis que Madonna se faisait remplacer par OGMT sur le devant de la scène.