Comment je me suis disputé ma spécialité…

Categories: Anatomie Emergency Room

Episode 1 : La Chirurgie…

chir

En tant que jeune padawan sur la longue voie de l’apprentissage de l’art médical, j’avais envisagé un temps de devenir chirurgien. Rien de bien original lorsqu’un jeune étudiant embrasse la carrière médicale. Devenir chirurgien, c’est devenir un dieu vivant, un maître de la lame de 15 et du vicryl 3.0,  auréolé de gloire dont les pieds sont baisés quotidiennement par des patients reconnaissants. Le must, le caviar de la profession médicale, qui peut gueuler et incendier à son bon plaisir l’infirmière du bloc ou bien le pauvre interne ou encore plus jouissif l’externe en l’humiliant bien profond…parce qu’au fond c’est LUI le chirurgien, le dieu vivant, faiseur de miracle sans aucune humilité, le bricoleur d’intérieur…

Oui je voulais devenir chirurgien mais fort heureusement j’ai rapidement changé d’orientation. Les interventions chirurgicales ne me faisaient absolument pas peur. J’adorais voir l’intérieur du corps, un foie, une rate, du sang gicler sur les plafonds lorsqu’une artère était touchée par mégarde (encore l’abruti d’externe qui ne tenait pas correctement les écarteurs), voir un cœur battre et se dire que ce muscle puissant, noble et  autonome constitue l’unique métronome de notre vie.

Ah c’était beau la chirurgie…oui mais je me suis vite rendu compte que primo j’avais deux mains gauches, que secundo ce n’était que du bricolage certes minutieux mais du rafistolage quand même ( et je n’aime pas le bricolage, ni le jardinage,…bref je ne suis pas manuel sauf dans un seul domaine J), que tertio il ne fallait pas trop réfléchir, juste quelques techniques à connaitre (mais sans vouloir être réducteur ou péjoratif,…faire de la chirurgie c’est comme lire un manuel d’entretien automobile : faut être doué en mécanique et savoir reconnaitre les organes vitaux…), que quattro au-delà du bloc opératoire le patient n’existait pas…déjà au bloc c’est un foie ou une rate…alors dehors comment s’appelle-t-il ? Et pour moi ce quattro était  rédhibitoire, sachant que pour moi la Médecine est un art basée en grande partie sur la relation humaine…et dire qu’au départ je voulais devenir médecin légiste !!!

La sexualité du Poussin

Categories: Emergency Room

Avec un titre pareil, c’est sur je vais affoler les données !

L’univers médical serait-il ouvert, tolérant, mature et compréhensif…C’est bien tout le contraire. C’est pour cette raison que j’ai choisi de ne pas faire de « sortie » officielle. Les spéculations, toujours par derrière (oui j’adore…), fleurissent et constituent régulièrement un sujet de conversation parmi mes collègues (j’ai des espions bien infiltrés…). Mais quelle est donc la sexualité du Poussin ?…alors je joue en semant des indices, en brouillant les pistes en m’amusant avec ma meilleure amie de cette situation pathétique qui fait couler des litres de salive. Gg est ma complice, mon alliée dans ce monde de bisounours où les rumeurs, ragots et autres news salaces étayent  la curiosité malsaine de mes congénères. Je discute régulièrement les soirs de garde avec Gg en faisant bien entendu exprès de nous isoler, histoire d’alimenter la machine à blabla. Ainsi est née la rumeur où nous étions en couple….Pourtant les collègues de Gg (Que des filles… !) savent qu’elle a un mec (et donc pas moi ) et pensent que je suis…(oui trois petits points car elles ne prononcent jamais le mot). Certaines doivent même penser qu’un trio serait possible !

La bague au doigt en fin d’année a été l’objet de beaucoup d’interrogations toujours indirectes…oui c’est bien une alliance à l’auriculaire gauche : mariage ? fiançailles ?…point de faire-part ? Je remarque avec délectation les regards interrogateurs, assoiffés d’une réponse claire, précise et spontanée…dommage pour elles je reste muet comme une tombe (et silencieux est une de mes spécialités !). Certaines malgré tout essayent de s’infiltrer dans mon intimité en tournant sept fois la langue dans leur bouche en posant une question anodine pour laquelle je pourrai laisser échapper l’identité de l’être aimé. Mais je suis trop fort (moi aussi je me creuse les neurones…) au jeu des réponses laconiques impersonnelles.

D’autres savent…mais sont probablement extrêmement gêner pour m’en parler ou attendent désespérément une confirmation qui n’arrivera jamais ( Le boulot d’un côté…ma vie de l’autre)

D’autres ne se posent même pas la question (et je crois bien finalement que ces derniers sont des plus respectables)…mais sont totalement aveuglés par une société hétéro-normée…Il a une alliance…Il est en couple (Touché)….Comment s’appelle sa Femme (coulé) (mais là je dois bien l’avouer on ne m’a jamais posé cette question !!) ?

 Demain soir, et c’est rare, j’ai accepté une invitation de diner professionnel entre collègues masculins…en répondant à ce mail

« Je vous propose de venir manger chez moi jeudi soir (avec famille et enfants bien entendu sinon mesdames vont encore croire que vous rentrer trop tard) »

 J’ai souri…et écris en guise de réponse : « single » pour ma part, toujours dans le but de ne pas faire de « sortie » officielle et préserver ainsi la moralité bien pensante de mes collègues.

Téléphotechnologique !

Categories: Le nid

Quand j’étais petit garçon (…et que j’apprenais mes leçons en…) je m’émerveillais des progrès technologiques et rêvais en secret de pouvoir au moins les approcher si ce n’est les avoir.

telcadrLe téléphone fait parti de cette conquête technologique toujours riche et intense cherchant à tout prix à améliorer les contacts.

 Enfant, je connaissais le téléphone à cadran rotatif gris à la sonnerie intense et stressante où il fallait patience, minutie et mémoire visuelle pour composer les 6 puis 8 chiffres du numéro de votre correspondant…bref où il fallait consacrer 3h15min et 43 secondes pour tomber sur le bon contact (oui j’exagère un peu mais à peine….est-ce bien le 6 que je viens de faire ou un 5….bon allez je raccroche et je recommence  tatattattata…sling tatattattatta…sling…oh mince je me suis encore trompé !)…teltouchej’admirais alors la modernité incarnée dans ce modèle High Tech des PTT…plus de cadran rotatif, des touches en plastiques à enfoncer, un gain de temps certain dans la composition du numéro…bref que du bonheur ! Puis vint quelques années plus tard une amélioration notable du modèle à touche : l’écran digital qui permettait de visualiser le numéro composé…dingue !!!telecranMais point de révolution marquante jusqu’à la création libératrice du téléphone portatif sans fil (ancêtre de la téléphonie mobile moderne). telsansfilL’Homme était enfin débarrassé de son fil et pouvait continuer ses occupations pendant qu’il poursuivait sa conversation hautement intellectuelle avec sa meilleure amie…ou alors il pouvait s’isoler secrètement dans une pièce et entretenir une liaison enflammée…

 Puis vint naturellement l’avènement de la téléphonie mobile…il me fallait absolument ce nouvel objet technologique. Dès le milieu des années 90, j’étais un des premiers de ma génération à la fac à m’équiper de ce formidable outil de communication…telmobcelui qui pesait 3kg650 sans la batterie (oui là encore j’exagère…mais si peu !), celui qui vous vidait le compte en banque en vous facturant 4,80 francs la minute par appel émis et 3,80 francs la minute l’appel reçu ! L’offre s’est rapidement démocratisée fort heureusement pour mon banquier pour qui les derniers cheveux sont tombés en voyant la première facture ! Les téléphones se sont miniaturisés et ont bénéficié d’un régime amaigrissant miraculeux. Mais cette révolution technologique, que j’admire encore aujourd’hui, s’est accompagnée d’une addiction terrible…celle qui nous gangrène intellectuellement…celle qui rend impossible la vie lorsque par mégarde le précieux petit appareil a été oublié… celle qui nous rend fou lorsque la batterie du téléphone se vide et qu’il nous est impossible de passer un appel indispensable celui du genre « ben je sors…j’arrive bientôt…bisous je t’aime » !, celle qui a permis à une nouvelle orthographe de voir le jour mais sans le dico explicatif genre “JTM..j t kif biz 2 ouf mdr lol”, celle qui risque de transformer notre substance grise en tumeur immonde à long terme…. bref un appendice devenu tellement indispensable que nous pourrions envisager dans un avenir proche de le greffer directement à l’oreille dès la naissance !

Pourquoi je vous raconte tout ça ?…sans doute parce que je suis accroc à la technologie, toujours impatient de pouvoir y succomber et que malgré une résistance farouche de 2 ans, j’ai encore cédé à la tentation numérique et mobile en croquant dans une pomme savoureuse et juteuse…iredElle n’est ni blanche ni noire….mais c’est une reine des reinettes…bien rouge ! car oui j’aime être à la page tout en cultivant une certaine différence !

Les petits bonheurs

Categories: Le nid

Comme ils sont deux à vouloir le savoir…je veux bien sûr parler de Virginie et de Kindgay…je me plie à leur volontés !

1024x768Si Amélie Poulain aime briser la croûte d’une crème brûlée avec la pointe de la petite cuillère, faire des ricochets sur le canal Saint Martin et plonger la main dans un sac de grains, nous avons tous et toutes des petits plaisirs qui n’appartiennent qu’à nous et nous redonnent du baume au cœur. Quels sont, comme Amélie, les trois petits plaisirs qui vous redonnent le baume au cœur?

Donc :

 - Enlacé dans les bras de mon Homme pour une pause tendresse en me laissant porter par ses enivrantes caresses

 - Recevoir une lettre de parents me donnant des nouvelles de leur enfant, m’indiquant qu’il est en pleine forme malgré cet épisode douloureux de réanimation intensive et me remerciant chaleureusement…

 - Retrouver « mon meilleur ami » le soir et savourer cet instant où le corps s’abandonne dans des draps frais mais où l’esprit n’est pas encore à la charge de Morphée…

Voilà le petit jeu est terminé…et c’était aussi un petit plaisir

Bon il paraît que je dois envoyer la patate chaude à d’ autres blogueurs…hmm hmm quelles seront les heureuses victimes :

TTO…parce je suis certains qu’il en a plein…de petits plaisirs

Nono…parce que je sens qu’il est d’humeur plutôt joyeuse

Chrisbi…parce qu’un épicurien comme lui doit en avoir beaucoup…

Francis…toujours pleins d’humour et d’humeur positive

Je vais te manquer

Categories: La toile Outside

affiche-1-medium

Synopsis :

 Six destinées qui vont, l’espace d’un instant, dans un aéroport grouillant de vie, se bousculer, se séparer et se retrouver. Et si ses personnages étaient en train de vivre, sans le savoir, le moment le plus important de leur vie. Olivier et Lila… Va-t-il rater l’amour ou va-t-elle rater l’avion ? Julia et Marcel… Va-t-elle rater sa mort ou va-t-il rater sa vie ? Fanny et Max… Va-t-elle manquer de courage ou va-t-il manquer de chance ?

Prenez une mère atteinte d’un cancer décidant de choisir sa destinée, ajoutez ses deux filles distantes l’une de l’autre pour une broutille de pacotille, un père divorcé et sa petite fille, un psychanalyste plus perturbé que ses patients, un amour de jeunesse vieillissante mais toujours au top grâce à la nouvelle technologie, une célibattante blonde qui rêve du prince charmant, un écrivain sur le retour bourru et cruel, et un policier déjanté fan de Jack Bauer…Mixez le tout avec une cuillerée canadienne dans un aéroport français…et vous obtenez ainsi un nouveau film chorale à la mécanique bien rodée tout en rondeur et délicatesse à la mode de « love actually » mais terriblement moins percutant que « Collision (Crash) ».

« Je vais te manquer » est un agréable moment de ciné bourré de charme  proposé par Amanda Sthers.

Plusieurs thèmes y sont abordés : le choix de sa mort, la destinée, la recherche éperdue de l’amour, la passion regrettée, le racisme, la liberté… Chaque moment entre deux vies est important et semble vouloir relier les uns aux autres de parfaits inconnus.

Une pléiade d’acteur appuie la réussite de ce premier film sans prétention : Carole Bouquet, toujours aussi belle, touchante et sensible dans son rôle ; Pierre Arditi, toujours parfait dans un rôle qu’il endosse à merveille ; un excellent Lonsdale ; sans oublier Cécile Cassel, Mélanie Thierry et Patrick Mille…

Ce n’est évidemment pas le film français du siècle qui va révolutionner le cinéma des dix prochaines années mais il est très agréable à regarder et à apprécier.

Mention particulière pour la scène introductive laissant planer l’ombre d’un drame et la scène finale que j’ai trouvé particulièrement poétique.